F.4. Éphèse (3e partie)

L’émeute d’Éphèse

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Statue de l’Artémis d’Éphèse

Voilà sans doute environ 2 ans que Paul est à Éphèse. On peut imaginer qu’il a circulé dans toute la région. Si l’on en croit St Luc, beaucoup de miracles ont eu lieu. Paul est connu dans la ville. Et son influence est telle que la corporation des artisans vivant du culte d’Artémis se sent menacée.

 

Un certain Démétrius, orfèvre fabriquant de statues d’Artémis, accuse Paul d’avoir « détourné une foule considérable en disant que les dieux faits à la main ne sont pas des dieux » (Ac 19,26). Il réussit à soulever une partie de la ville. « A ces mots, remplis de colère, ils se mirent à crier : “Grande est l’Artémis des Éphésiens !” Le désordre gagna la ville entière. On se précipita en masse au théâtre, y entraînant les Macédoniens Gaius et Aristarque, compagnons de voyage de Paul. » (Ac 19,28-29). Rappelons que le théâtre pouvait contenir jusqu’à 24.000 personnes.

 

 

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Le théâtre d’Éphèse, lieu de rassemblement de l’émeute

Paul veut se rendre au théâtre mais les disciples, ainsi que quelques asiarques de ses amis, l’en empêchent. On appelait « asiarque » le prêtre qui présidait l’assemblée provinciale d’Asie ainsi que les jeux célébrés à cette occasion en l’honneur de l’empereur et de Rome. La fonction était annuelle, mais celui qui l’avait exercée conservait le titre. Paul s’était donc fait de hautes relations. (Note de la Bible Osty)

Pendant ce temps, la confusion s’amplifie. Tout le monde crie, sans savoir pourquoi. Un Juif, Alexandre, mis en avant, tente de se défendre. Mais lorsqu’on s’aperçoit qu’il est juif, la foule crie de plus belle : « Grande est l’Artémis des Éphésiens ! ». Et cela dure deux heures. Au terme, le « secrétaire » (« grammatéos » : scribe, secrétaire, écrivain, enseignant religieux… qui dirigeait les débats publics) parvient à calmer la foule et à la renvoyer.

« Après que le tumulte eut pris fin, Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine. » (Ac 20,1)

Paul part d’Éphèse, mais nous ignorons bien des épisodes de ce séjour.

Dès la 1e lettre adressée aux Corinthiens, Paul écrit, en passant : « J’ai combattu contre les bêtes à Éphèse » (1 Co 15,32). Nous ignorons complètement de quoi il peut s’agir, et s’il faut prendre cette expression en un sens symbolique, ou non.

Dans la 2e lettre aux Corinthiens, que Paul écrira de Macédoine, il est fait allusion, de nouveau à une épreuve terrible : « Nous ne voulons pas que vous l’ignoriez, frères : la tribulation qui nous est survenue en Asie nous a accablés à l’excès, au-delà de nos forces, à tel point que nous désespérions même de conserver la vie. » (2 Co 1,8). Est-ce la même épreuve ? Personne ne le sait. Une chose est sûre : à travers toute sa vie, Paul témoigne « qu’il faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume de Dieu » (Ac 14,22).

La Maison de Marie

À 5 km des ruines de la ville d’Éphèse, dans la montagne, se trouve la Maison de la Vierge Marie (en turc Meryemana Evi : la maison de la mère-Marie).

Selon la volonté de Jésus en Croix, St Jean a veillé sur la Vierge Marie. La tradition enseigne qu’au moment de la dispersion des Apôtres, l’Évangéliste est parti à Éphèse. La Mère de Jésus l’aurait donc accompagné en cette ville.

Au début du 19e siècle, la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich décrit, dans ses visions, une maison, à l’écart de la ville d’Éphèse, où Marie aurait passé ses dernières années, jusqu’à son Assomption. En 1891, les Pères Joulin et Jung, lazaristes, pensèrent avoir retrouvé la maison après avoir lu les visions d’Anne-Catherine. L’archevêque d’Izmir (dont dépend Éphèse) reconnut en 1892 par un procès-verbal qu’il y avait une ressemblance indéniable entre cette maison et celle décrite dans les visions. Il déclara en conséquence que ce lieu était un lieu chrétien.

Depuis, les pèlerins se sont toujours davantage pressés pour rendre visite à ce sanctuaire. Paul VI, Jean-Paul II, Benoit XVI s’y sont rendus.

On trouvera sur le lien ci-dessous l’homélie du Pape Benoit XVI lors de sa visite à la Maison de Marie.

 

 

 

Voici enfin un vidéo présentant ce beau sanctuaire de la Maison de Marie.

Le Concile d’Éphèse

Le 22 juin 431, le patriarche Cyrille d’Alexandrie ouvre le 3e concile œcuménique à Éphèse. Il rassemble 200 évêques pour régler la querelle théologique opposant Cyrille au patriarche d’Antioche, Nestorius. Celui-ci affirme que deux personnes, l’une humaine et l’autre divine, coexistent en Jésus-Christ, et qu’en conséquence, Marie n’est mère que de l’homme Jésus.

Le concile condamne les thèses de Nestorius en affirmant l’unicité de la personne de Jésus Christ, vraiment homme et vraiment Dieu. En conséquence, la Vierge Marie est Mère de Dieu (Théotokos en grec).

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St Cyrille d’Alexandrie proclame Marie Mère de Dieu au concile d’Éphèse – Basilique ND de Fourvière à Lyon