D.7. Corinthe (1e partie)

Paul arrive à Corinthe

Partant d’Athènes, Paul se dirige vers l’ouest, vers le Péloponnèse et sa capitale : Corinthe, où il va rester 18 mois.

Si Paul s’y rend en bateau, il a sans doute embarqué au Pirée, à 6 km d’Athènes, puis navigué pendant environ 60 km jusqu’au port de Cenchrées, et rallié Corinthe, 12 km plus loin.

Si Paul a voyagé par la route, c’est un trajet d’environ 90 km, pour contourner la baie d’Eleusis, passer par l’isthme de Corinthe qui donne accès au Péloponnèse.

Par mer ou par terre, Paul a sans doute contemplé l’île de Salamine. C’est près de celle-ci que, 500 ans plus tôt, l’avancée des Perses de Xerxès avait été stoppée par les Grecs, lors de la plus grande bataille navale de l’Antiquité.

Voici Paul à Corinthe. Plus tard, lorsqu’il évoquera son arrivée dans cette ville, il dira : « Moi-même, je me suis présenté à vous faible, craintif et tout tremblant » (1 Co 2,3). En effet, son contact avec les Athéniens, tout récemment, n’a pas été facile. De plus, Paul arrive seul, sans ses compagnons et collaborateurs.

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Paul avec Priscille et Aquilas

Paul rencontre rapidement un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, et sa femme Priscille (appelée aussi Prisca). Ils sont fabricants de tente, comme Paul. C’est chez eux que Paul réside dans un premier temps, travaillant avec eux.

Prisca et Aquilas arrivaient d’Italie, de Rome, d’où ils avaient dû partir parce que l’empereur Claude avait expulsé les Juifs. Cette prescription de Claude est connue par un texte de Suétone : « Comme les Juifs se soulevaient continuellement à l’instigation d’un certain Chrestos, l’empereur les chassa de Rome » (Suétone, Claude, 25). Claude ne faisait évidemment pas la distinction entre Juifs et Chrétiens.

Est-ce que Prisca et Aquilas étaient déjà chrétiens ? C’est possible et même probable, sinon ils n’auraient pas hébergé Paul. Une autre hypothèse serait qu’ils aient été chassés de Rome comme Juifs et non comme chrétiens, et qu’ils se soient convertis dès la première rencontre avec Paul. Mais Luc ne parle pas de leur conversion, ce qui incline à penser qu’ils se sont convertis à Rome.

 

La ville de Corinthe

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L’Isthme de Corinthe avec le Diolkos

Lorsque Paul arrive à Corinthe, cela fait environ un siècle qu’elle a été reconstruite par Jules César. La ville, alors, est riche, grâce à ses activités commerciales. Ses deux ports, Cenchrées et Léchaion, sont ouverts respectivement sur la mer Égée et la mer Ionienne, ce qui fait de Corinthe l’étape presque obligée entre Rome et l’Orient.

Le passage de l’isthme se faisait, pour les bateaux, par le Diolkos (voir dans la colonne de droite de cette page).

Cet axe maritime coupe également l’axe terrestre Nord-Sud qui relie le Péloponnèse au reste de la Grèce.

Cette position stratégique de Corinthe en fait la ville la plus prospère du pays.

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Dessin reconstituant le centre de la ville de Corinthe

Corinthe, ville de passage, ville riche, était connue dans tout l’empire pour son immoralité et son hédonisme. On parlait d’ « agir comme un Corinthien » pour désigner un comportement dépravé.  « Une Corinthienne » était synonyme de « prostituée ». Il faut dire que sur l’Acrocorinthe, la montagne s’élevant au-dessus de la cité, se trouvait le temple d’Aphrodite, la déesse de l’amour. Selon Strabon, Corinthe contenait plus de mille esclaves vouées à la prostitution sacrée ! Cela, aussi, était source de richesse…

Il faut donc imaginer une ville peuplée, grouillante de vie, habitée ou fréquentée par des gens d’origines très diverses, d’un peu toutes les parties de l’empire. Foule bigarrée de marins, de marchands, de constructeurs de bateaux, romains, grecs, hommes libres, affranchis, esclaves… foule bourdonnante, toujours pressée. La ville avait été abandonnée pendant plus de 100 ans avant que Jules César ne la reconstruise. Elle ne comporte donc pas de vieille aristocratie, mais plutôt des nouveaux riches ayant pillé les tombes antiques (Alain Decaux – L’avorton de Dieu p.183), des héritiers des pionniers.

Autre source de richesse : les jeux isthmiques (voir « Corinthe (2e partie) »). Ils attirent tous les 4 ans des foules considérables qui viennent dépenser largement leurs deniers.

Prenez le temps de savourer cette belle vidéo reconstituant Corinthe au 2e siècle, comme survolée par un drone.

Évangélisation de Corinthe

Paul travaille avec Prisca et Aquilas car il ne veut pas dépendre de ceux auxquels il annonce l’Évangile. C’est aussi la tradition, chez les Juifs, qu’un rabbin exerce un métier. Mais, chaque sabbat, Paul parle aux Juifs à la synagogue.

Quelques temps plus tard, Silas et Timothée reviennent de Macédoine (où ils étaient repartis depuis Athènes). À partir de ce moment-là, « Paul s’adonna tout entier à la Parole » (Ac 18,5). On peut donc penser qu’en plus des bonnes nouvelles venant de Macédoine, Paul a pu recevoir une aide financière lui permettant d’être libre pour l’apostolat.

  • Timothée, au moins, est allé à Thessalonique: « Maintenant Timothée vient de nous revenir de chez vous et il nous a donné de bonnes nouvelles de votre foi et de votre charité : il dit que vous conservez toujours de nous un bon souvenir, que vous aspirez à nous revoir autant que nous à vous revoir. » (1 Th 3,6 – Cette lettre est écrite de Corinthe) Le fait que Paul ne signale que Timothée, alors que Silas est associé à Paul et Timothée semble indiquer que ces deux collaborateurs de Paul se sont partagé les lieux de Macédoine à visiter au nom de Paul. Silas a dû aller dans d’autres villes que Thessalonique.
  • Paul écrit que, pendant qu’il était à Corinthe, il n’a rien reçu des Corinthiens, mais qu’il a été aidé par la Macédoine : « Et quand, une fois chez vous, je me suis vu dans le besoin, je n’ai été à charge à personne : ce sont les frères venus de Macédoine qui ont pourvu à ce qui me manquait. » (2 Co 11,9)

Comme à son habitude, Paul commence son ministère auprès des Juifs.

Ce ministère est essentiellement l’annonce du salut par la prédication. Paul n’a que très peu baptisé, comme il l’écrira lui-même :

Je rends grâce de n’avoir baptisé aucun de vous, si ce n’est Crispus et Caïus, de sorte que nul ne peut dire que vous avez été baptisés en mon nom. Ah si ! J’ai baptisé encore la famille de Stéphanas. Pour le reste, je ne sache pas avoir baptisé quelqu’un d’autre. (1 Co 1,14-16)

Ce Crispus est le chef de la synagogue (Ac 18,8). Sa conversion et celle de toute sa famille ont dû faire grand bruit. C’est peut-être même l’origine des troubles mentionnés par St Luc : Paul rencontre oppositions et blasphèmes, ce qui le pousse à se tourner vers les païens.

C’est peut-être aussi pour favoriser cet apostolat qu’il décide de quitter le logement de Prisca et Aquilas, pour aller demeurer chez un nommé Titius Justus, un « adorant Dieu » (Ac 18,7). C’est donc un Romain, non juif, mais sympathisant du judaïsme, dont la maison était contigüe à la synagogue.

Luc mentionne qu’au bout d’un certain temps, Jésus lui-même vient fortifier Paul, qui connait peut-être une phase de découragement.

Sois sans crainte, mais parle et ne te tais pas, parce que moi je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te maltraiter. (Ac 18,9-10)

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Évangélisation de Corinthe, rejet des Juifs et vision du Christ en songe

Et Jésus continue en disant : « J’ai à moi un peuple nombreux dans cette ville » (Ac 18,10).

De fait, beaucoup de personnes se convertissent. Et la majorité de ces nouveaux chrétiens sont des personnes modestes :

Frères, considérez votre appel : il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés. Mais ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort.  (1 Co 1,26)

Paul demeure à Corinthe pendant 1 an et 6 mois, « enseignant parmi eux la Parole » (Ac 18,11).

 

L’incident de Corinthe

Luc rapporte un incident qui permet de dater précisément le séjour de Paul à Corinthe.

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Paul devant Gallion

Celui-ci est amené de force par les Juifs devant le tribunal de Gallion, proconsul d’Achaïe. On accuse Paul d’adorer Dieu de manière contraire à la Loi. Gallion répond : « S’il était question de quelque délit ou méfait, j’accueillerais, Juifs, votre plainte, comme de raison. Mais puisqu’il s’agit de contestations sur des mots et des noms et sur votre propre Loi, à vous de voir ! Être juge, moi, en ces matières, je m’y refuse. » Et il les renvoya du tribunal. Tous alors se saisirent de Sosthène, le chef de synagogue, et, devant le tribunal, se mirent à le battre. Et de tout cela Gallion n’avait cure. (Ac 18,14-17)

Sosthène est peut-être le successeur de Crispus, qui s’est converti au Christ. Qui s’en prend à Sosthène ? Les Juifs qu’il aurait persuadés de s’en prendre à Paul ? Ou les païens, antisémites, qui renvoient les Juifs du tribunal avec violence ? On ne sait pas. Mais la mention de Gallion est de la plus haute importance, car nous savons qu’il est resté moins d’un an à Corinthe, de l’été 51 au printemps 52 (voir ci-contre : Gallion et la datation de la vie de Paul). C’est donc dans cette période que se situe cet incident.

Après l’émeute, Luc écrit que Paul reste encore « un certain temps » dans la ville, avant « prendre congé des frères et de s’embarquer pour la Syrie » (Ac 18,18), c’est-à-dire Antioche, d’où il est parti.

Le « Diolkos »

Le Diolkos est un chemin guidé dallé, grâce auquel des navires pouvaient traverser l’isthme de Corinthe par voie terrestre. La chaussée, qui devait s’étendre sur 6 à 8 kilomètres, comportait une sorte de rail rudimentaire. Il fut exploité de 600 av. J.-C. environ jusqu’au 1e siècle apr. J.-C. Le diolkos évitait aux navires qui devaient se rendre de la mer Ionienne à la mer Égée un dangereux périple autour de la péninsule du Péloponnèse, dont les trois caps ont une réputation de coups de vent. Il est une des sources d’enrichissement de la ville de Corinthe.

(Source : Wikipedia)

Ci-dessous, deux photos des restes du Diolkos

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Les deux liens, ci-dessous, renvoient aux deux parties d’un magnifique petit film de synthèse, en anglais, montrant un bateau de l’Antiquité traversant l’isthme de Corinthe par le Diolkos.

 

L’Acrocorinthe

C’est un piton rocheux de 575 m de haut qui attire le regard de quiconque arrive à Corinthe.

D7 B3À son sommet se trouvait un temple à la déesse Aphrodite.

Cette hauteur commandant l’isthme de Corinthe a toujours été fortifiée, transformée en citadelle, depuis le 6e siècle av. JC jusqu’au 19e siècle de notre ère. Les vestiges actuels portent des traces de toutes les occupations successives.

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Petite vidéo pour visiter l’Acrocorinthe et admirer le paysage depuis son sommet.

 

Strabon et Corinthe

Voici quelques extraits de la « Géographie » de Strabon (64 av. JC – 25 ap. JC) :

La qualification « d’opulente » qu’Homère donne à Corinthe s’explique par l’importance que cette ville a toujours eue comme emporium ou entrepôt de marchandises. Elle est située dans l’isthme même et possède deux ports, qui la rapprochant, l’un, de l’Asie, et l’autre, de l’Italie, la mettent à même de faciliter les échanges entre deux contrées naturellement fort distantes.

Le temple de Vénus à Corinthe était si riche, qu’il possédait à titre de hiérodules ou d’esclaves sacrés plus de mille courtisanes, vouées au culte de la déesse par des donateurs de l’un et de l’autre sexe ; et naturellement la présence de ces femmes, en attirant une foule d’hommes dans la ville, contribuait encore à l’enrichir. Les patrons de navires, notamment, venaient s’y ruiner à plaisir.

Les Corinthiens affectèrent, pour leur propre compte et cela en toute circonstance, de traiter les Romains avec mépris ; il y en eut même qui, un jour, voyant les ambassadeurs romains passer devant leurs portes, osèrent leur jeter de la boue sur la tête. Or, ce nouvel outrage, ajouté à tous ceux dont ils s’étaient rendus coupables auparavant, ne tarda pas à être chèrement expié. Les Romains envoyèrent une armée considérable sous la conduite de L. Mummius, et, tandis que ce général détruisait Corinthe de fond en comble, ses lieutenants expédiés dans différentes directions soumettaient le reste de la Grèce jusqu’à la Macédoine.

Après être restée longtemps abandonnée, Corinthe fut relevée de ses ruines par le divin César qui, frappé des avantages de sa position, y envoya une forte colonie composée principalement d’affranchis.

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Statue de Strabon dans sa ville natale, Amasya, en Turquie, près de la rivière Iris

Prisca et Aquilas

Prisca et Aquilas apparaissent à plusieurs moments de la vie de Paul. Ce couple de juifs convertis au Christ, amis de l’Apôtre, semble avoir été un pilier des Églises dont ils ont fait partie. Ils se sont établis à Éphèse. Il est possible que ce soit là qu’ils subirent le martyre. L’Église les fête le 8 juillet.

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St Aquilas et Ste Priscille

Voici les passages du Nouveau Testament où l’on en fait mention :

  • Ac 18,2-3 : « [Paul] y trouva un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, qui venait d’arriver d’Italie avec Priscille, sa femme, à la suite d’un édit de Claude qui ordonnait à tous les Juifs de s’éloigner de Rome. Il se lia avec eux, et, comme ils étaient du même métier, il demeura chez eux et y travailla. Ils étaient de leur état fabricants de tentes ».
  • Ac 18,18-19: « Paul resta encore un certain temps à Corinthe, puis il prit congé des frères et s’embarqua pour la Syrie. Priscille et Aquilas l’accompagnaient. Il s’était fait tondre la tête à Cenchrées, à cause d’un vœu qu’il avait fait. Ils abordèrent à Éphèse, où il se sépara de ses compagnons. Il se rendit à la synagogue et s’y entretint avec les Juifs ».
  • Ac 18,26: « Il (Apollos) se mit donc à parler avec assurance dans la synagogue. Priscille et Aquilas, qui l’avaient entendu, le prirent avec eux et lui exposèrent plus exactement la Voie ».
  • Rm 16,3-4: « Saluez Prisca et Aquilas, mes coopérateurs dans le Christ Jésus ; pour me sauver la vie ils ont risqué leur tête, et je ne suis pas seul à leur devoir de la gratitude : c’est le cas de toutes les Églises de la gentilité ».
  • 1 Co 16,19: « Les Églises d’Asie vous saluent. Aquilas et Prisca vous saluent bien dans le Seigneur, ainsi que l’assemblée qui se réunit chez eux ».
  • 2 Tim 4,19: « Salue Prisca et Aquilas, ainsi que la famille d’Onésiphore ».

L’édit de Claude
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L’empereur Claude (41-54)

La datation de l’édit de Claude est sujette à discussions, car les sources mentionnant une mesure prise par l’empereur à l’encontre des Juifs ne concordent pas. Si Suétone (Claude,XXV), Orose (VII,6,15-16) et St Luc (Ac 18,2) mentionnent l’expulsion des Juifs, Dion Cassius (LX,6,6-7), au contraire, précise qu’il était impossible de les chasser de Rome sans provoquer d’agitation. Selon ce dernier, Claude leur aurait plutôt interdit de se réunir.

Il est donc impossible de certifier que ces sources renvoient au même événement, mais il serait surprenant, bien que plausible, que Claude ait pris deux mesures similaires dans un laps de temps relativement court. On peut donc vraisemblablement penser qu’il s’agit bel et bien du même édit impérial.

Mais un autre problème surgit alors. Si l’on suit le témoignage de Dion Cassius, l’événement aurait eu lieu en 41, alors que selon Orose, il daterait des années 49-50. Suétone et les Actes des apôtres n’apportent qu’une contribution limitée à ce débat, puisqu’ils ne datent pas avec précision les événements qu’ils rapportent.

(Source : À la croisée des chemins : les premiers chrétiens et leur quête identitaire – Steeve Bélanger – article sur http://etudesanciennes.revues.org)

Si l’édit a été écrit en 41, alors Priscille et Aquilas ont pu rencontrer Paul vers 42, qui serait la date de la fondation de l’Église de Corinthe. Et dans ce cas, l’incident avec Gallion aurait eu lieu lors d’un autre passage de Paul à Corinthe, assimilé au premier par St Luc.

Gallion et la datation de la vie de Paul

La mention de Gallion, dans les Actes des Apôtres est l’un des plus important indice de datation que nous ayons sur la vie de Paul.

Né à Cordoue, il est le frère aîné du philosophe Sénèque. Celui-ci lui dédie plusieurs livres, et parle en particulier de la douceur de son caractère.

Alors que son père appartenait à l’ordre équestre, Gallion s’engagea comme Sénèque dans un cursus sénatorial ; on ne connaît pas les détails de son parcours, mais on sait qu’il fut proconsul de la province d’Achaïe, dont la capitale était Corinthe, vers 52. Il dut rentrer à Rome avant le terme de sa charge pour des raisons de santé.

Le proconsulat de Gallion en Achaïe vers 52 est attesté par une inscription trouvée à Delphes lors des fouilles de l’École française d’Athènes au début du XXe siècle.

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Inscription de Delphes mentionnant Gallion

Cette inscription, conservée de manière incomplète en neuf fragments, porte un texte émanant de l’empereur Claude et mentionnant le proconsul Gallion. La titulature de l’empereur permet de dater l’inscription assez précisément : elle fait référence à la douzième année de sa puissance tribunicienne, qui commença le 24 janvier 52, et à sa vingt-sixième acclamation impératorienne. Or, on sait par la dédicace de l’aqua Claudia que, le 1er août 52, Claude en était déjà à sa vingt-septième acclamation. Le texte envoyé par la chancellerie impériale aux Delphiens a donc été rédigé entre le 24 janvier et le 31 juillet de l’année 52. Les proconsuls prenaient leur fonction au début de l’été. Il est donc très probable que Gallion soit entré en charge à l’été 51 (et qu’il ait, selon le témoignage de Sénèque, quitté Corinthe avant la fin du printemps 52).

(Source : Wikipédia)

L’incident relaté par St Luc se place donc entre ces deux dates.