G.6. De Malte à Pouzzoles

Séjour à Malte

Arrivés à la nage sur la côte de l’ile de Malte, les naufragés sont accueillis par les habitants du pays. « Les indigènes nous traitèrent avec une humanité peu banale. » (Ac 28,2).

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Saint Paul piqué par la vipère – Monatère de Cernica – Bucarest

C’est alors que se produit un incident : « Ils nous accueillirent tous auprès d’un grand feu qu’ils avaient allumé à cause de la pluie qui était survenue et du froid. Comme Paul ramassait une brassée de bois sec et la jetait dans le feu, une vipère, que la chaleur en fit sortir, s’accrocha à sa main. Quand les indigènes virent la bête suspendue à sa main, ils se dirent entre eux : “Pour sûr, c’est un assassin que cet homme : il vient d’échapper à la mer, et la vengeance divine ne lui permet pas de vivre.” Mais lui secoua la bête dans le feu et n’en ressentit aucun mal. Ils s’attendaient à le voir enfler ou tomber raide mort. Après avoir attendu longtemps, voyant qu’il ne lui arrivait rien d’anormal, ils changèrent d’avis et se mirent à dire que c’était un dieu. » (Ac 28,3)

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St Paul avec St Publius – Emvin Cremona – Église de Burmarrad

Voilà Paul introduit dans la société maltaise. Publius, le « Premier de l’ile » (titre officiel de l’administrateur romain) accueille tout le monde avec hospitalité pendant 3 jours. Paul guérit à cette occasion le père de Publius, atteint de la dysenterie.

En entendant ce récit, on ne peut pas ne pas penser à la fin de l’Évangile selon St Marc, où Jésus prophétise : « Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, ils saisiront des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris. » (Mc 16,17-18)

Suite à la guérison du père de Publius, les autres habitants de l’ile amènent auprès de Paul leurs malades. Sans entrer dans le détail, Luc témoigne de nombreuses guérisons. Du coup, pendant les 3 mois de séjour à Malte, mois d’hivernage où la navigation est interrompue, les maltais comblent Paul et ses compagnons de prévenances, et pourvoient à tous leurs besoins à leur départ au début du printemps.

Ci-dessous, des extraits d’une vidéo de l’émission « Le jour du Seigneur », racontant le naufrage de Paul, et son séjour à Malte.

 

Sur les pas de Paul

M’Dina : cité historique, construite sur le lieu ou Paul aurait rencontré Publius. On y trouve la co-cathédrale St Paul.

Accolé à M’Dina, dont elle était un faubourg, se trouve Rabat, ou Ir-Rabat. Les Arabes ayant trouvé que M’Dina était trop grande, ont divisé la ville en deux. M’Dina compte aujourd’hui 300 habitants, contre 11.000 pour Rabat (!).

La vidéo suivante montre le pèlerinage du Pape Benoit XVI en avril 2010 à la grotte de Saint Paul.

 

Syracuse

Les trois mois d’hivernage étant passés, lorsque la navigation peut reprendre, le centurion fait embarquer ses soldats et ses prisonniers sur un navire d’Alexandrie ayant fait relâche à Malte. St Luc précise que le bateau était à l’enseigne des Dioscures Castor et Pollux. Après 165 km de navigation, voilà Syracuse, en Sicile, où l’escale dure 3 jours, le temps de débarquer et d’embarquer des marchandises.

Au 4e siècle, Syracuse sera le lieu du martyre de Ste Lucie, sous la persécution de Dioclétien. Lucie deviendra patronne de la ville.

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Ste Lucie de Syracuse – Domenico Beccafum

Rhegium

Le voyage reprend, en direction du nord, sur 120 km, jusqu’à Rhegium, sur la côte italienne (aujourd’hui Reggio).

Pouzzoles

Quittant Rhegium, le navire passe le détroit de Messine. Poussé par un vent favorable, il gagne en 2 jours seulement le port de Pouzzoles, à 360 km de là. Le bateau passe au large de Pompéi (l’éruption du Vésuve qui détruira la ville aura lieu 18 ans plus tard, en 79), près de l’île de Capri.

Histoire de Malte

L’archipel maltais est peuplé depuis plus de 5000 ans avant le Christ, par des populations venues de Sicile. Elles construisent une civilisation préhistorique importante qui est à l’origine des plus anciennes constructions monumentales de l’histoire de l’humanité (26 sites de temples cyclopéens).

Par sa position au centre de la mer Méditerranée, et compte tenu de ses ports naturels, l’archipel maltais est un relais évident. Les Phéniciens, grands navigateurs, utilisent les ports de Malte à partir du Xe siècle av. J.-C. Ils installent une colonie dans les îles de l’archipel vers 725 av. JC. Des Grecs s’installent également du VIIe au Ve siècle av. JC. et partagent apparemment pacifiquement les îles avec les Phéniciens. Avec le déclin de la Phénicie, l’archipel passe sous le contrôle de Carthage en 480 av. JC. C’est une colonie précieuse dans la lutte que les Carthaginois mènent contre les Grecs et ensuite contre les Romains. À la faveur des guerres puniques, les îles passent sous le contrôle des Romains en 218 av. JC. jusqu’au démantèlement de l’empire romain en 395.

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Mosaïque romaine à rabat

Par la suite, l’archipel a été successivement sous domination des Vandales, des Ostrogoths, de l’empire byzantin, des Arabes, des Normands, avant d’être donné à l’ordre de St Jean de Jérusalem. Cet ordre hospitalier et militaire du temps des croisades avait été chassé de l’ile de Rhodes par les Ottomans. Il est connu aujourd’hui sous le nom d’ordre de St Jean de Malte.

L’archipel est ensuite passé sous la domination française, puis britannique, avant d’accéder à l’indépendance en 1964 et d’adhérer à la Communauté Européenne en 2004.

Saint Publius

La tradition affirme que Publius, converti au Christ par St Paul, serait devenu le premier évêque de Malte. Par la suite, il serait parti à Athènes, où il aurait subi le martyre en 112, vers l’âge de 92 ans.

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Statue de St Publius

Saint Publius est le patron de l’île de Malte.

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Timbre commémorant sa consécration épiscopale par St Paul

Castor et Pollux

Dans la mythologie grecque, Castor et Pollux, appelés Dioscures (« jeunes garçons de Zeus ») sont les fils de Léda. Chacun né d’un œuf différent, ils sont respectivement, pour Castor, frère de Clytemnestre et fils de Tyndare, époux de Léda, et pour Pollux, frère d’Hélène et fils de Zeus.

Avatars grecs de la figure indo-européenne des dieux jumeaux, les Dioscures sont le symbole des jeunes gens en âge de porter les armes. Ils apparaissent comme des sauveurs dans des situations désespérées et sont les protecteurs des marins.

(Source : Wikipedia)

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Castor et Pollux

La Solfatare de Pouzzoles

Sur les hauteurs de la ville se trouve le cratère du volcan Solfatare, dont le nom vient du latin Sulpha terra, « terre de soufre ».

Il s’est formé il y a environ 40 000 ans et sa dernière éruption remonte à 1198, avec probablement une éruption phréatique.

D’après les croyances, on pensait que c’était par ici qu’Hadès, le dieu des enfers, emmenait ses victimes. Le soufre s’échappant du sol par des trous devient de la fumée au contact de l’air, et les spécialistes disent que ces fumées peuvent guérir les maladies de peau, l’asthme et quelques maladies respiratoires. Les personnes habitant à proximité de ce volcan venaient souvent faire des cures dans le cratère pour soigner ces maladies.

Les Romains pensaient que la Solfatare était l’entrée des enfers, car ils n’avaient jamais rien vu de tel. Ils pensaient aussi qu’au fond de ce lac il y avait un tunnel qui menait à la plage des enfers, au bord du Styx.

(Source : Wikipedia)

Le Styx est la rivière qui séparait le monde terrestre des Enfers. La légende veut également que toute partie du corps qu’on y plongeait devenait invulnérable. C’est ainsi que Thétis, nymphe de la mer, plongea son fils Achille dans ses eaux. Il ne resta vulnérable qu’au talon, la seule partie que Thétis n’avait pas submergée puisqu’elle le tenait par le pied. D’où : le talon d’Achille qui est notre point de faiblesse.

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Vue générale du cratère (photo Patrick Massot)

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Bouche par laquelle s’échappent les fumeroles soufrées (Photo Patrick Massot).

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Reste des antiques grottes aménagées par les Romains pour prendre des bains de vapeurs de soufre.

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Le volcan a beau être éteint, ses émissions restent impressionnantes.